Passeport de prévention 2026 : nouvelles obligations, accès simplifié et sanctions renforcées pour les employeurs
Passeport de prévention 2026 : Nouvelles obligations, accès simplifié et sanctions renforcées pour les employeurs
Le passeport de prévention franchit une nouvelle étape avec la loi du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales. Depuis le 27 juin 2026, plusieurs évolutions importantes concernent directement les employeurs, les organismes de formation, les entreprises de travail temporaire et les titulaires d’un Compte Personnel de Formation (CPF).
Ces nouvelles dispositions précisent les obligations de déclaration, les modalités d’accès au passeport et instaurent une nouvelle sanction administrative en cas de non-respect des obligations.
Chez Étoile Paie & RH, nous faisons le point sur les changements à connaître et leurs conséquences pratiques pour les entreprises.
Qu’est-ce que le passeport de prévention ?
Créé par la loi du 2 août 2021 pour renforcer la santé au travail, le passeport de prévention est un espace numérique sécurisé permettant de centraliser toutes les formations liées à la santé et à la sécurité au travail.
Il recense notamment :
- les attestations de formation ;
- les certificats ;
- les certifications professionnelles ;
- les diplômes obtenus dans le domaine de la prévention des risques professionnels.
L’objectif est double :
- permettre aux salariés de conserver l’historique de leurs formations tout au long de leur carrière ;
- aider les employeurs à démontrer le respect de leurs obligations en matière de prévention des risques professionnels.
Une ouverture élargie à tous les titulaires d’un CPF
L’une des principales nouveautés introduites par la loi du 25 juin 2026 concerne les bénéficiaires du dispositif.
Jusqu’à présent, le passeport de prévention concernait principalement les travailleurs et les demandeurs d’emploi.
Depuis le 27 juin 2026, il est désormais ouvert à toute personne disposant d’un Compte Personnel de Formation (CPF).
Cette évolution permet d’intégrer plus largement les formations suivies avant une prise de poste, pendant une période de transition professionnelle ou dans le cadre d’une reconversion.
Qui doit désormais alimenter le passeport de prévention ?
La loi clarifie les responsabilités de chaque acteur.
Les informations relatives aux formations doivent être renseignées par les personnes ou organismes concernés selon leur rôle.
L’employeur
L’employeur reste responsable des formations organisées à son initiative.
La déclaration peut également être réalisée par :
- son expert-comptable ;
- son comptable ;
- un tiers déclarant.
En revanche, lorsque la formation est dispensée directement par un organisme de formation (ou son sous-traitant), c’est ce dernier qui effectue la déclaration.
Les entreprises de travail temporaire
Lorsqu’une entreprise utilisatrice organise une formation pour un salarié intérimaire, l’entreprise de travail temporaire doit alimenter le passeport après avoir été informée, sauf si la formation est réalisée par un organisme de formation chargé de cette formalité.
Les organismes de formation
Les organismes de formation deviennent des acteurs centraux du dispositif.
Ils doivent renseigner le passeport pour toutes les formations qu’ils dispensent, qu’elles soient réalisées directement ou via un sous-traitant.
Les organismes certificateurs et ministères
Ils enregistrent les informations concernant :
- les certifications professionnelles ;
- les diplômes ;
- les titres délivrés.
Les organismes financeurs
Ils participent au partage des données relatives au parcours de formation professionnelle lorsqu’ils interviennent dans le financement des formations.
Le titulaire du passeport
Le salarié ou le titulaire du CPF peut également compléter lui-même son passeport lorsqu’il suit, de sa propre initiative, une formation en santé et sécurité au travail.
L’accès de l’employeur devient plus simple
Autre évolution importante : les règles d’accès au passeport de prévention changent.
Jusqu’à présent, l’employeur devait obtenir une autorisation préalable du salarié.
Depuis le 27 juin 2026, le principe est inversé.
L’employeur peut désormais consulter et conserver les informations nécessaires au suivi de ses obligations de formation sans demande préalable, sauf si le titulaire exerce son droit d’opposition.
Cette évolution facilite :
- le suivi des formations obligatoires ;
- la préparation des audits ;
- le contrôle des habilitations ;
- la gestion de la conformité réglementaire.
Cette consultation reste néanmoins strictement encadrée par le RGPD et les règles relatives à la protection des données personnelles.
Une nouvelle amende administrative en cas de non-déclaration
La loi crée également une sanction spécifique.
En cas de défaut d’alimentation du passeport de prévention, une amende administrative pouvant atteindre 2 000 € par manquement pourra être prononcée.
Cette sanction peut être :
- portée à 4 000 € en cas de récidive dans un délai de deux ans ;
- majorée de 50 % lorsqu’un avertissement a déjà été adressé pour un manquement identique au cours de l’année précédente.
Une incertitude demeure sur les personnes réellement sanctionnées
Le texte prévoit cette nouvelle sanction mais laisse subsister une interrogation.
Si les organismes de formation semblent être les premiers visés, la loi mentionne également :
- les employeurs ;
- les entreprises de travail temporaire ;
- les organismes certificateurs ;
- les organismes financeurs ;
- les autres acteurs soumis à l’obligation déclarative.
À ce jour, l’administration n’a pas encore précisé si l’ensemble de ces intervenants pourra effectivement faire l’objet de l’amende.
Des précisions réglementaires sont donc attendues.
Les conséquences pour les employeurs
Ces nouvelles règles renforcent la nécessité de mettre en place une gestion rigoureuse des formations en santé et sécurité.
Les entreprises ont tout intérêt à :
- identifier les formations devant être déclarées ;
- vérifier qui est responsable de leur déclaration ;
- organiser le suivi des données du passeport de prévention ;
- respecter les obligations liées au RGPD ;
- anticiper les contrôles administratifs.
Une organisation claire permettra de limiter les risques de non-conformité et d’éviter d’éventuelles sanctions.
L’accompagnement d’Etoile Paie et RH
Le passeport de prévention s’inscrit dans une évolution plus globale des obligations des employeurs en matière de santé, de sécurité et de conformité sociale.
Chez Étoile Paie & RH, nous accompagnons les entreprises dans :
- le suivi des obligations légales en droit social ;
- la gestion administrative des formations obligatoires ;
- la sécurisation des pratiques RH ;
- la veille réglementaire en matière de paie et de ressources humaines.
Notre objectif est de vous permettre de rester conforme tout en simplifiant la gestion quotidienne de vos obligations sociales.


