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Heures supplémentaires non déclarées : Travail dissimulé ?

Heures supplémentaires non déclarées : Travail dissimulé ?

 

Quand les heures travaillées ne sont pas mentionnées sur les bulletins de paie, est-ce une simple erreur… ou une infraction grave ? La chambre sociale de la Cour de cassation, dans une décision du 19 mars 2025 (n°23-19.120), a clarifié la situation.

Des heures effectuées, mais invisibles sur les bulletins de paie

 

Dans cette affaire, une salariée, directrice de magasin, estimait que toutes ses heures de travail n’étaient pas prises en compte. Un accord d’annualisation était en place, mais ses bulletins de paie ne reflétaient pas toutes les heures réellement effectuées. Elle a donc saisi le Conseil de prud’hommes et demandé la résiliation judiciaire de son contrat de travail, en invoquant le travail dissimulé.

 

La transparence sur le temps de travail : une obligation

 

L’employeur, de son côté, expliquait que la répartition du temps de travail était conforme à l’accord annuel.

Mais pour la Cour de cassation, peu importe l’accord, le fait de ne pas mentionner les heures réellement travaillées sur les bulletins de paie peut caractériser un travail dissimulé, même en cas d’annualisation.

En clair, la transparence sur le temps de travail effectif est une obligation, quelles que soient les modalités d’organisation choisies.

 

Le travail dissimulé, c’est quoi exactement ?

 

Selon l’article L.8221-5 du Code du travail, il y a travail dissimulé dès lors que l’employeur ne déclare pas, volontairement, tout ou partie de l’activité salariée.

Et même si l’employeur ne reconnaît pas une volonté de fraude, les juges peuvent en tirer cette conclusion en observant les faits : une récurrence, des manquements répétés, une absence totale de transparence.

 

Résiliation judiciaire : un recours pour les salariés

 

Dans ce dossier, la salariée avait demandé la résiliation judiciaire de son contrat. Ce mécanisme permet de rompre le contrat aux torts de l’employeur, avec les mêmes conséquences qu’un licenciement abusif.

La Cour lui a donné raison : la résiliation a été prononcée, en raison de la gravité du manquement.

 

Ce qu’il faut retenir

 

  • Les heures réellement travaillées doivent apparaître sur les bulletins de paie, même avec un accord d’annualisation;
  • Le défaut de déclaration peut être considéré comme du travail dissimulé;
  • En cas de manquement grave, le salarié peut demander la résiliation judiciaire de son contrat.

 

L’accompagnement ETOILE PAIE & RH

 

Chez ETOILE PAIE & RH, nous accompagnons les entreprises dans la gestion du temps de travail et la mise en conformité des bulletins de paie.

Qu’il s’agisse d’un accord d’annualisation, d’heures supplémentaires ou de temps partiel, nos experts vous aident à sécuriser vos pratiques RH et à éviter les litiges.

Nous proposons un service complet d’externalisation de la paie pour vous libérer des contraintes administratives :

  • Établissement des bulletins de paies ;
  • Déclarations sociales ;
  • Formalités liées aux collaborateurs.

Besoin d’un accompagnement personnalisé ? Contactez-nous.

Temps partiel thérapeutique : Indemnités de licenciement

Temps partiel thérapeutique : Indemnités de licenciement

Quelles indemnités pour le salarié ?

 

Le mi-temps thérapeutique permet au salarié de reprendre son activité à temps partiel pour des raisons de santé. Cependant, cette situation peut soulever des interrogations en cas de licenciement pendant cette période, notamment concernant le calcul des indemnités de rupture.

Face à ces questionnements, la Cour de cassation est venu clarifier ces points dans une décision rendue le 5 mars 2025.

 

Chambre sociale de la cour de cassation du 5 mars 2025, pourvoi n°23-20.172 : Rappels des faits

 

Le 12 juin 2024, la Cour de cassation a rendu une décision importante concernant le licenciement d’une salariée pendant un mi-temps thérapeutique. L’employeur avait alors calculé ses indemnités de licenciement sur la base du salaire réduit perçu durant son temps partiel thérapeutique.

La Cour de cassation a estimé que le calcul était erroné. En effet, elle a jugé que le salaire de référence pour déterminer les indemnités de licenciement ne devait pas être basé sur la rémunération perçue pendant le temps partiel thérapeutique, mais bien sur le salaire de la salariée avant qu’elle ne commence ce temps partiel.

À noter qu’une décision similaire avait déjà été rendue en juin 2024 (pourvoi n°23-13.975), affirmant que l’indemnité de licenciement doit être calculée sur la base du salaire perçu avant la période du temps partiel thérapeutique.

 

Une décision importante pour protéger le salarié

 

Cette décision vise à protéger les salariés bénéficiant du temps partiel thérapeutique contre une éventuelle discrimination indirecte liée à leur état de santé. Elle permet de garantir que leurs indemnités de licenciement ne seront pas réduites à cause de la reprise partielle de leur activité professionnelle pour raisons médicales.

 

Quel salaire prendre en compte pour le calcul de l’indemnité de rupture ?

 

La période de temps partiel thérapeutique ne doit pas affectée le calcul de l’indemnité, au contraire, elle doit être neutralisée. Le salaire de référence pour déterminer l’indemnité doit être le salaire perçu avant le début du temps partiel thérapeutique.

 

L’accompagnement d’ETOILE PAIE & RH

 

Chez ETOILE PAIE & RH, nos experts en droit social vous accompagnent pour anticiper et appliquer correctement les décisions en matière de législation sociale.

Face aux évolutions jurisprudentielles, il est essentiel de sécuriser vos pratiques afin d’éviter toute requalification ou contentieux. Grace à notre expertise, vous assurez une gestion sereine des situations complexes et protégez votre organisation contre tout risque juridique.

Calcul IJSS : Période de référence incomplète, règles adoptées

Calcul IJSS : Période de référence incomplète, des règles transitoires définitivement adoptées

 

Le paysage réglementaire des Indemnités Journalières de Sécurité Sociale (IJSS) évolue encore. Alors qu’une réforme majeure concernant les périodes de référence incomplètes devait entrer en vigueur en juin 2024, celle-ci a finalement été abandonnée. Le décret du 30 octobre 2024 entérine la pérennisation des règles transitoires appliquées depuis avril 2021.

Pourquoi une réforme des IJSS avait-elle été envisagée ?

 

Les IJSS sont un soutien pour les salariés en arrêt maladie ou maternité. Leur calcul repose sur le salaire journalier de base, établi à partir des trois derniers mois de salaire brut perçus avant l’arrêt de travail. Cependant, lorsque la période de référence est incomplète, par exemple, en cas d’entrée récente dans l’emploi ou d’interruption de travail involontaire, ce calcul peut ne pas refléter la réalité des revenus.

La réforme visait à corriger cette distorsion en neutralisant les périodes sans activité involontaire, afin de mieux représenter les revenus réels des assurés. Toutefois, sa mise en œuvre nécessitait des adaptations techniques complexes de la part des employeurs et de l’Assurance Maladie.

 

Les nouvelles dispositions : pérennisation des règles transitoires

 

Face aux contraintes techniques et aux délais prolongés, la réforme a été définitivement abandonnée. Le décret du 30 octobre 2024 pérennise les règles transitoires établies depuis 2021. Voici les principaux points à retenir :

 

1. Situations de référence incomplète : Un assuré est considéré comme ayant une période de référence incomplète dans les cas suivants :

  • Début d’une activité au cours de la période de référence.
  • Fin d’une activité durant cette même période.
  • Interruption de travail pour des raisons telles que maladie, accident, maternité, chômage involontaire, congé non payé ou service millitaire.

 

2. Méthodes de calcul ajustées : Pour ces situations, le revenu journalier servant de base au calcul des IJ est déterminé selon les principes suivants :

  • Si une activité débute ou prend fin au cours d’un mois, le revenu est calculé sur la base du revenu journalier réellement perçu pour l’ensemble de ce mois.
  • Si une activité prend fin et qu’une autre débute durant le même mois, le revenu pour la période sans activité est calculé à partir du dernier revenu journalier effectivement perçu.
  • En cas d’interruption pour maladie ou autre cause, le revenu journalier est calculé à partir des revenus perçus durant les mois travaillés.

 

Ces ajustements, désormais inscrits dans le Code de la Sécurité Sociale (article R.323-8), s’appliquent aux arrêts de travail prescrits à partir du 1er novembre 2024.

 

Impacts pour les employeurs et les salariés

 

La pérennisation des règles transitoires simplifie la gestion des IJSS en cas de périodes de référence incomplètes. Les employeurs bénéficient d’un cadre réglementaire stabilisé, réduisant les ajustements administratifs et informatiques nécessaires. Pour les salariés, cette mesure garantit une meilleure prise en compte de leurs revenus réels, renforçant ainsi l’équité des prestations sociales.

 

Faites confiance à ETOILE PAIE & RH pour un accompagnement sur mesure

 

La gestion des IJSS et des périodes de référence incomplètes peut sembler complexe. Chez ETOILE PAIE & RH, nous vous accompagnons dans toutes les démarches liées à la paie et au droit de la sécurité sociale. Grâce à notre expertise, bénéficiez de conseils personnalisés et d’une prise en charge efficace de vos obligations réglementaires.

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